Isabelle Autissier, marin(e) d’exception et de compétition

Cet article a été rédigé par Manon Loubet - Pour l'association Famabor © Copyright - Hélène Clouet, et posté le 18-12-2020

Isabelle Autissier

Isabelle Autissier n’est autre que la première femme à avoir accompli un tour du monde en solitaire en course en 1991. Pour cette skipper, tout est possible quand on est une femme.


Isabelle Autissier est arrivée 3e sur le podium de la Mini-transat en 1987. Puis, celle qui est aujourd’hui présidente de WWF France, termine septième du BOC Challenge en 1991. À l’époque, Isabelle Autissier est la première femme à avoir accompli un tour du monde en solitaire en course.

Née en banlieue parisienne, l’appel de la mer lui vient lors de nombreuses vacances passées en Bretagne avec ses parents et ses quatre sœurs. C’est après avoir fait des études d’ingénieure agronome en halieutique qu’Isabelle Autissier fait de la voile son métier à plein temps.

« C’est un sport qui sait reconnaître les siens »

Installée à La Rochelle, l’aventurière assure qu’elle n’a jamais eu de problème dans le milieu de la voile de par sa position de femme. « Même si avant, on disait qu’une femme à bord portait malheur, aujourd’hui, quand vous faites un truc bien sur l’eau, vous êtes reconnus par les marins, que vous soyez une femme ou un homme. C’est un sport qui sait reconnaître les siens. »

Celle qui a aujourd’hui 63 ans admet cependant que si les femmes sont plus nombreuses sur les courses en solitaire qu’en équipages, c’est parce que c’est « plus simple ».

Des freins culturels encore en vigueur

« En tout cas plus accessible. Les filles ont encore beaucoup de mal à intégrer un équipage de garçons. Il y a encore trop de freins culturels. On croit qu’elles doivent s’occuper de leurs enfants, qu’elles ne sont pas assez costaudes, qu’elles sont trop fragiles… »

Isabelle Autissier ne nie pas une différence de musculature avec ses homologues masculins mais pour elle, des solutions existent. « Il n’y a pas de sujet irrémédiable, il y a toujours des solutions techniques. C’est pour ça par exemple que j’ai réfléchi à une quille pivotante avec un architecte. D’ailleurs, aujourd’hui, même les hommes utilisent ce système », sourit-elle.

Mais alors comment supprimer ces freins culturels ? Comment augmenter la part de femmes dans le monde de la course au large ? Faudrait-il imposer des quotas de femmes dans les courses en équipages ? « Non, car il y a un réservoir beaucoup trop faible de femmes à haut niveau. On devra alors recruter des femmes moins bonnes que les hommes, ce serait contre-productif. » Pour la sexagénaire, il faut travailler sur l’accessibilité de ce sport dès le plus jeune âge. « C’est le boulot de la Fédé  (FFV) ça », lance-t-elle.

Tenir son cap

La skipper au caractère trempé assure qu’il ne faut pas « se prendre la tête ». À Hélène Clouet, qui va prendre le départ de la Mini-transat en 2021, elle lui conseille « d’être pointue, de bien préparer son bateau et de faire un max de météo parce que c’est ça le nerf de la guerre ». La navigatrice rappelle que le bateau, c’est avant tout un sport cérébral.

Isabelle Autissier lui conseille aussi d’être « têtue » parce que « ce n’est pas facile de se faire une place dans la course au large » Même si elle admet qu’en tant que « femme, c’est plus facile de trouver les sponsors ».

« Les femmes sont plus rares, elles sont donc un atout de communication pour les sponsors… et les questions idiotes des journalistes !»

Tenir son cap, c’est la devise de cette marin(e) au joli CV. « Je n’ai jamais demandé rien à personne, j’ai toujours fait ce que je voulais faire. »

Manon LOUBET, pour l’association FAMABOR

 

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